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Yes, On déconfine !

Yes, On déconfine !

Yes, on déconfine : les 8 erreurs à ne pas commettre

Habituellement, c’est plutôt une blessure qui vous empêche de courir, rouler ou nager. Ces dernières semaines, c’est une pandémie mondiale qui vous a confiné entre les quatre murs de votre domicile. Ne pas pouvoir vous entraîner, avouez que c’était rudement difficile. Alors quand l’heure du déconfinement sonnera, ça va envoyer du lourd avec les copains ! Et si ce n’était pas franchement une bonne idée ?

ERREUR N°1 : Essayer de rattraper le temps perdu en s’entraînant plus.

Même si le confinement a poussé les sportifs de tous horizons à s’adapter et, bien souvent, à pratiquer le home trainer et la préparation physique dans un salon ou sur une terrasse, cette période a marqué une rupture brutale : plus question de s’entraîner comme d’habitude ! Résultat : une frustration, une impression de s’encroûter, un sentiment de perte de capacité. Le déconfinement prend alors des allures de libération : dès qu’il sera possible de sortir s’entraîner sans contraintes, vous allez tout faire pour rattraper le temps perdu. Augmenter le volume, multiplier les séances, passer au biquotidien… les idées pullulent pour essayer de gommer la phase de confinement.
Grave erreur !
Même si on aimerait croire le contraire, il faut se résigner à une triste réalité : le temps perdu n’est jamais rattrapé. Toutes les séances que le confinement vous a empêché de réaliser ne pourront être compensées par un programme plus intense après le déconfinement. Autant dire qu’il est totalement inutile de mettre les bouchées doubles, voire qu’il est carrément risqué de s’entraîner à outrance. Augmenter brutalement la charge sportive peut conduire à des blessures, de la fatigue, voire au surentraînement. Du coup, vous pourriez bien être amené à couper encore une fois, mais pas pour cause de confinement cette fois-ci.

ERREUR N°2 : S’inscrire à un maximum de courses et honorer chaque dossard déjà acheté dont la date a été reportée.

Privé de compétitions pendant de longs mois en raison des annulations ou des reports des épreuves sportives, vous êtes soumis à une tentation presque insoutenable : cumuler les compétitions pour avoir votre dose d’adrénaline et de performance. Et puis pas question de renoncer à des dossards déjà payés sous prétexte que les courses vont s’enchaîner tous les quinze jours ! Du coup, à partir du mois d’août, c’est décidé : vous courrez en compétition toutes les deux semaines, pas moins. La récupération ? Ben quoi, vous avez récupéré pendant tout le printemps à cause du confinement, non ?
Grave erreur !
Une compétition, même considérée comme « une simple sortie avec du monde » ou « une préparation à une autre course objectif », génère du stress à la fois physiquement et mentalement. L’intensité de l’effort est telle qu’il en résulte forcément de la fatigue. En enchaînant les courses sans respecter un temps de récupération suffisant, vous ne pouvez ni vous entraîner correctement, ni vous reposer pour recouvrer toutes vos capacités en vue de la prochaine épreuve. A la clé ? Épuisement, fatigue, blessure et donc nouvelle coupure… N’hésitez donc pas à changer complètement vos plans et, pourquoi pas, à réserver un dossard sur la plateforme VO2max Voyages histoire d’être chouchouté lors de votre prochaine course !

ERREUR N°3 : Ne surtout rien changer aux objectifs de fin de saison.

Vous aviez prévu de battre votre record personnel sur marathon cet automne. Ou bien de prendre le départ d’un trail mythique dont vous n’avez jamais affronté la distance et le dénivelé de toute votre vie. Pourquoi modifier vos plans puisque vous pourrez reprendre l’entraînement cet été ? Ce ne sont pas quelques mois de coupure qui vont vous contraindre à revoir vos objectifs et qui vont changer grand-chose à votre état de forme dans plusieurs mois.  
Grave erreur !
Un objectif automnal se prépare de longs mois à l’avance, surtout si l’on n’est pas un coureur de longue date ou si l’on ne court que de manière occasionnelle. La coupure imposée par le confinement a décalé votre planning d’entraînement. Il semble donc ambitieux de maintenir les mêmes objectifs en fin d’année. Revoyez-les à la baisse afin de rester motivé, de définir un programme plus adapté et de ne pas être déçu lors de votre compétition automnale.

ERREUR N°4 : Reprendre le plan d’entraînement là où on l’avait abandonné au moment du confinement.

Pas question de revenir en arrière et de reprendre les bases de l’entraînement avec des séances de débutant. Vous aviez bien travaillé avant le confinement, vous étiez heureux et fier de vos progrès. Alors vous reprendrez votre planning pile poil là où vous l’avez interrompu quand le confinement a été décrété ! Après tout, pendant cette coupure, vous n’êtes pas resté inactif : vous avez fait de la préparation physique, vous avez couru dans les limites imposées et vous avez même testé le home trainer. Hop hop hop, c’est reparti comme si de rien n’était !
Grave erreur !
Même si vous avez continué à vous entraîner pendant le confinement (home trainer, footings dans les limites géographiques et temporelles autorisées, préparation physique à domicile, renforcement musculaire…), votre programme n’a pas suivi la progression prévue. Vous avez dû renoncer à des séances clés et à des cycles de travail spécifiques. Lors de votre reprise, vous devez donc tenir compte de votre état de forme pour adapter votre programme et retrouver progressivement votre niveau d’avant confinement. Vous aurez sans doute perdu un peu certaines qualités, mais vous en aurez acquis d’autres. Ni panique, ni découragement, ni impatience : tout va se rééquilibrer petit à petit !

ERREUR N°5 : Continuer à courir avec les vieux trucs trouvés au fond des placards pendant le confinement.

Courir, ce n’était pas vraiment votre tasse de thé avant cette crise sanitaire. Mais bon, pour votre équilibre psychologique, vous avez décidé de trottiner un peu, histoire de vous aérer et de ne pas devenir fou entre les quatre murs de votre appartement sans balcon. Alors vous avez ouvert un placard, fouillé jusqu’à ses tréfonds et trouvé, entre votre premier ours en peluche et une vieille chaussette égarée depuis dix ans, un survêtement et une antique paire de chaussures que vous utilisiez en cours d’EPS au lycée. Vous avez couru pendant toute la période de confinement avec ce vieux matériel démodé et tout s’est bien passé. Pourquoi changer une équipe qui gagne ?
Grave erreur !
Pour le vieux pantalon de survêtement, passe encore : on peut courir avec n’importe quelle tenue vestimentaire, pour peu qu’elle permette des gestes suffisamment amples, qu’elle ne tienne pas trop chaud et qu’elle ne provoque pas des échauffements et des irritations. En revanche, côté baskets, il va falloir renoncer aux vieilles chaussures éculées et investir dans un modèle plus récent ! Les pieds sont les seuls points de contact entre le coureur et le terrain sur lequel il évolue. Ils sont aussi la partie du corps qui contribue à amortir les chocs et à renvoyer l’énergie à chaque foulée. Mieux vaut donc prendre soin de vos petons et les chausser correctement ! Filer vite dans une boutique spécialisée où vous bénéficierez de conseils avisés et adaptés à votre pratique.

ERREUR N°6 : Les étirements, la PPG et le yoga, ça va bien pendant le confinement. Dès qu’on sera libéré, au diable ces activités !

A défaut de pouvoir vous entraîner normalement, vous vous êtes surpris à pratiquer des activités que vous négligiez avant le confinement : les étirements, le renforcement musculaire, le yoga, la relaxation… Bref, tout ce que vous considériez auparavant comme une perte de temps, vous l’avez testé et pratiqué quasiment tous les jours pendant cette période particulière. Dès qu’il sera possible de sortir de nouveau normalement, vous laisserez tout tomber pour faire enfin du "vrai" sport ! 
Grave erreur !
Loin d’être un pis-aller, toutes les activités promues par de nombreux coaches et athlètes pendant le confinement (renforcement musculaire, proprioception, étirements, yoga, body attack…) constituent de véritables compléments aux autres disciplines sportives. Elles permettent d’améliorer le gainage, l’amplitude gestuelle, la respiration, la gestion du stress ou encore la force musculaire. La vraie bonne idée serait de maintenir tout au long de l’année une à deux sessions hebdomadaire(s) de ces exercices en complément de votre entraînement habituel.

ERREUR N°7 : Qui dit déconfinement, dit entraînement sans contraintes.

Dès que la fin du confinement aura sonné, vous vous jetterez sur votre smartphone pour ameuter tous vos copains sportifs : après des semaines de séances courtes en solo, vous comptez bien profiter de belles sessions collectives ! Après tout, si les autorités décident de libérer la population, c’est parce qu’il n’y aura plus de risques, non ?
Grave erreur !
Bien que le déconfinement permette de sortir de nouveau de chez soi, il ne signifiera pas pour autant que les gestes barrières devront être oubliés. Il est très probable qu’il vaudra mieux s’entraîner seul pendant quelques semaines supplémentaires. Si vous tenez à vous entraîner avec des amis, efforcez-vous de respecter les gestes barrières : tenez-vous relativement éloignés les uns des autres, évitez de vous toucher, de cracher, etc. Les experts estiment qu’en courant, il faudrait idéalement respecter une distance "sanitaire" de 4 à 5 mètres ; à vélo, cette distance monterait à 10 ou 11 mètres.

ERREUR N°8 : Être complètement démotivé vu la longueur de la coupure.

Après deux mois de coupure (certes plus ou moins active) et sans aucun objectif en ligne de mire (faute d’avoir la moindre certitude quant aux épreuves qui se dérouleront cet été et cet automne), vous n’avez aucune raison d’être motivé. En quelques semaines, tous vos efforts précédents ont été réduits à néant et vous avez basculé irrémédiablement dans le désentraînement. A quoi bon s’investir autant pour rien ? 
Grave erreur !
Certes la motivation peut trouver ses fondements dans un objectif compétitif. Toutefois elle peut également être nourrie par bien d’autres paramètres : chercher à exprimer le meilleur de ses capacités, prendre du temps pour soi en faisant du sport, prendre soin de sa santé, perdre du poids… L’absence de dossard peut permettre de replacer le curseur de la motivation ailleurs que dans la compétition et de trouver, au fond de vous-mêmes, des ressources insoupçonnées et des raisons de faire du sport plus profondes, plus ancrées que la seule volonté d’être finisher d’une course. Par ailleurs, plutôt que subir la phase de coupure en rongeant votre frein et en vous convainquant que vous perdez toutes vos capacités, profitez de cette période différente pour développer d’autres qualités (gainage, souplesse, respiration…). Lorsque vous reprendrez votre discipline favorite, oubliez tous vos repères précédents : ne comparez pas vos chronos, ne faites pas les mêmes séances qu’avant le confinement. Adaptez votre programme afin de laisser le temps à votre corps de redevenir celui d’avant… et de vous montrer qu’il a acquis d’autres atouts pendant ces semaines très particulières !
Par Marie Paturel - Crédit photo : © Lionel Montico