Compte rendu de ma virée d'Ikkis, dernière course de l'Utat - 26 km

Compte rendu de ma virée d'Ikkis, dernière course de l'Utat - 26 km

Vos témoignages 2

Soleil levant sur Oukameiden à 2600m. Après une douche bien chaude (et ouais j'ai eu cette chance moi) il est 6h30 et je prends mon petit déj dans la tente messe, léger car je sais que j'ai déjà toutes les réserves nécessaires pour ma course avec les pâtes et riz avalés la veille.

Je retrouve Ludo, Seb et le chrono qui ont les yeux tout petits d'une courte nuit, les coureurs du 105 arrivent au compte-goutte et pas facile de garder la pêche ! J'apporte un petit thé à Brice et à Cyrille pour les réchauffer, le soleil n'est pas encore levé, le vent souffle et il fait bien froid. Le départ n'est qu'a 9h alors je retourne dans mon duvet en plume d'oie, mon petit cocon, ma petite maison escargot de ces derniers jours. 

À 8h l'excitation commence à monter et même si je pensais rester couchée encore un peu je suis déjà en mode course ! Dernier réglage de sac, dernière vérif, je quitte le chalet alors que tous les bénévoles sont déjà sur le qui-vive ! Dépôt des clés au caf et direction le départ. L'ambiance est bonne, je prends des photos, j'encourage des coureurs vo2max, petite photo avec Pascal du club et Sylvain Bazin et je me positionne bien derrière. 

Top départ, la course part très vite devant et je m'oblige à rester à un rythme très bas. Je cours à 8km/h sur du plat tranquillement et je fais la causette. Les paysages sont à la hauteur des commentaires entendus la veille. Rocailleux, montagneux et le vent qui s'engouffre sur le chemin me glace le sang. Plus on monte et plus il s'accentue.

40 minutes de course je reste encore sur la défensive jusqu'en haut de la première montée. Je sens bien que ça va être dur car la pente est raide et le sol fuyant. Je fais confiance à mes saucony et j’apprécie leurs semelles vibram qui ne laissent aucune chance au dérapage !

Arrivée en haut c'est la descente et même si je sais qu'il ne faut pas s'enflammer j'aime trop ça pour rester derrière. Je m’éclate ! Je n'ai pas l'impression de courir mais bel et bien de voler par dessus les cailloux. Je remonte un bon tiers du peloton et beaucoup de filles, c'est l'avantage d'aimer la descente. Up and down toujours sur du single track, pas facile de dépasser.

Mais arrive le premier ravito, un verre de coca et go. Je me suis déjà enfilé la moitié d'une pompote à la crème de marron en descendant. S'en suivra alors le plus beau passage du parcours à mon goût et aussi le plus varié, la montagne froide et aride laisse place aux villages chaleureux et plein de vie !

Les enfants, sacs aux dos sur le chemin de l’école, sont morts de rire de nous voir passer si vite, contraste frappant vu que le temps semble s’être arrêté ici. Je tape dans les petites mains tendues comme pour reprendre de l’énergie à chaque moment et je photographie de mes yeux les sourires sur ces visages crasseux qui sont désormais gravés dans ma mémoire. 

Je remonte encore du monde, quelques coureurs Vo2max qui m'encouragent par mon prénom, et mentalement ça fait du bien. Nous avons fait 15km et la montée n'est plus très loin. Je rejoins Mylène et Caroline, amis de Sylvain avec qui j'ai pu partager plusieurs repas avant la course. Je sais qu'elles sont très fortes et qu'elles savent gérer alors je décide de rester derrière d'autant qu'elles ont déjà le 42km dans les pattes de la veille ! Si j'ai du jus j'accélérerai plus tard.

Dernier ravito, je vois Magali, bénévole et ma sauveuse de logistique, je remplis mon camel et c'est parti pour une montée interminable. Je marche dans les pas de Mylène. Tel un métronome elle me donne le rythme, un bon rythme que je pense pouvoir garder jusqu' au bout mais le souffle est de plus en plus court. Nous distançons Caroline, et la première partie de la montée est terminée. 

Point de contrôle : j'ai toujours Mylène en ligne de mire, je tente de ne pas me faire distancer. Je demande combien de km il reste, réponse : 5km dont 4 de montée très raide ! Au départ je pense à une blague. Mais s'en suivra une interminable montée jusque au col, jusqu'aux fameux drapeaux marocains plantés là-haut et que j'observe depuis 2 jours. Des lacets de cailloux sous les genevriers et dans cette montée je ne peux m’empêcher de penser aux coureurs du 105, à Arnaud Lejeune et sa performance incroyable de la veille, qui ont dû terminer par cette portion et, pour beaucoup, de nuit.

J'essaie de trouver les pensées positives pour me faire avancer mais le moral en prend un coup et le rythme ralentit. Je me fais rattraper par Caroline qui me dépassera dans les derniers 300m de montée et aussi par une marseillaise dont le lièvre ne cesse de crier son nom pour l'encourager à me dépasser. 

L’arrivée en haut est une délivrance, j'y retrouve Sylvain à qui je n'arrive plus à sourire. J'attaque la descente et je me rends compte qu'il m'accompagne jusqu’à l’arrivée. Il est derrière moi et j'ai un peu la pression, la pêche est revenue, l'appel de l’écurie et mes bons cuisseaux toujours aussi utiles en descente font leur travail et je rattrape bien vite la marseillaise qui n'est pas très enchantée de me retrouver.

300m de l'arrivée : une portion de route où elle revient sur moi, je me dis qu'on pourrait passer la ligne ensemble mais ces 2 là en auront décidé autrement. J’accélère donc juste avant l'arche et passe la ligne en même temps. Je me fais biper après elle, ce qui me classera 12e fille avec le challenge, et 4e fille sans le challenge à cause du badgage.

Pas de podium pour moi, pourtant mérité pour une fois mais le plus important n'est pas là ! Joli sourire de Céline, une autre bénévole à l'arrivée qui me prend dans ses bras et me fais la bise, les 2 comparses animateurs sont là, Ludo et Seb m'accueillent un peu surpris sûrement de me voir déjà là. Merci Sylvain pour ton soutien jusqu'à la fin, merci à Mylène et Caro pour avoir partagé ce petit bout de course ensemble, à tous les bénévoles pour leurs gentillesse, l’émotion et les sourires partagés.

L'Utat c'est une course mais avant toute chose c'est une aventure humaine extra-ordinaire. Le vivre de l’intérieur a été une chance inouïe et je n'aurais qu'une chose à dire : il faut le vivre une fois dans sa vie pour comprendre l’atmosphère qui règne dans cette station de Oukaimenden, perdue au milieu de l'atlas marocain ! Je n’espère qu'une chose : pouvoir y retourner un jour... INCH ALLAH !

--
Caroline Saunier, VO2maxvoyages 

2 commentaires

  • Gravatar Benjamin
    Je l'ai faite il y a deux ans, super course et super souvenir !
  • Gravatar Laurent T
    Super CR, bravo ! Ça donne envie d'y aller !
Vous répondez à l'auteur.
Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'un astérisque.
Modifier